Editorial du 18 avril 2014

Retour Partager sur facebook Partager sur tweeter Imprimer l'article
Envoyer l'article par e-mail

Envoyer cet article par mail

Fermer

250 signes(s) restant(s)

 

* champs obligatoires

La rage

ChristopheBQuand on ne veut plus de son chien, on dit qu’il a la rage. Adage que le ministère de l’Agriculture applique au système des assurances. Nous avions il y a dix ans trois systèmes de sécurisation : les assurances grêle-tempête, le fonds des calamités agricoles, et les soutiens directs à l’hectare. Accéder aujourd’hui au fonds de calamités est interdit pour les céréaliers (alors qu’ils le financent), et relève de l’exploit ou plutôt du drame pour les productions non assurables ; les soutiens à l’hectare nous sont promis à la baisse. En parallèle, l’Etat prône l’évolution vers des systèmes assurantiels à large spectre, pour que chacun puisse se prémunir d’un aléa, en assumant ce qu’il est prêt à payer en assurance, ce qu’il est prêt à supporter en cas d’aléa, et à partir de quel niveau il a besoin d’un palliatif à la perte. En 2013, le système assurantiel devait mobiliser 105 millions d’euros de crédits d’Etat. Celui-ci décide d’y octroyer 77 millions d’euros, et ramène son taux de prise en charge de 65 à 43 % pour les productions végétales. Pour l’agriculteur, c’est un surcoût de 5 €/hectare, mais c’est surtout une colère qui monte et risque de se transformer en rejet. Les assurances récolte ne sont pas la poule aux oeufs d’or des assureurs ; elles sont simplement un des plus efficaces systèmes de gestion des risques dont l’évolution est au milieu du gué ; c’est un système qui, en étant mieux administré, mieux expliqué, sera plus intuitif et davantage déployé. C’est la clef du succès. En faisant ce croche-patte, l’Etat jette un doute sur le système. Un doute dangereux, car on joue avec des risques colossaux chez chacun. Pour autant, faut-il se mettre individuellement en danger en faisant l’impasse ? Ça me paraît risqué, car même dans une région plutôt protégée comme la nôtre, depuis 5 ans, le système s’est déclenché chaque année, sur différentes causes ou cultures. L’attitude de l’Etat, au moment où l’on parle de loi d’avenir, est précisément de mettre l’avenir en péril, et ça… ça me met en rage !

Christophe Buisset Président de Groupama Somme

Toutes les émissions dans la médiathèque