Revenus agricoles : les prévisions pour 2012

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Les dégâts de la volatilité

La volatilité des prix qui s’est installée dans le paysage agricole depuis 2006 doit nous conduire à une extrême prudence quant aux évolutions de revenus. Un retournement brutal des marchés n’est en effet pas à exclure. Rappelons-nous qu’en 2009, le revenu agricole moyen était en baisse de 30%. La réalité est que la PAC ne joue plus son rôle de régulateur et a abandonné une grande partie de ses instruments de gestion de marchés. L’intervention est aujourd’hui limitée à un simple filet de sécurité, dans les secteurs où elle n’a pas été supprimée.

C’est pourquoi, FNSEA-JA se mobilisent pour que les gouvernants français et européens se fixent comme priorité absolue de réinstaurer des outils de régulation dans la prochaine PAC, comme au niveau mondial conformément aux engagements du G20.

Une hausse des charges préoccupante, en particulier pour l’élevage

La hausse continue des charges fragilise les exploitations dans un contexte de volatilité des prix des produits. Les coûts de l’énergie (+60% en trois ans), des engrais (+35% en deux ans) et bien sûr de l’alimentation animale (+25% sur 2 ans) fragilisent tous les secteurs, et plus particulièrement l’élevage. L’amélioration des prix observée dans quasiment toutes les productions animales en 2012, sauf en lait, n’a pas permis de compenser les hausses des coûts de l’aliment. On peut être encore plus inquiets pour 2013 lorsque le prix de l’aliment sera à son niveau maximum, avec un risque d’effet « ciseaux » encore plus fort pour les éleveurs.

La solution passe par les prix

Aucun secteur ne peut s’en sortir si les évolutions des coûts de production (énergie, engrais, aliment…) ne sont pas prises en compte dans le prix payé au producteur. Plus que jamais, FNSEA-JA intensifient leur combat pour l’organisation des filières et pour renforcer l’application de l’accord du 3 mai 2011. D’ailleurs, tous les indicateurs sont dans le rouge, y compris en porc depuis le mois d’octobre. Les entreprises ont donc toute légitimité pour demander la renégociation des prix. Par ailleurs, les travaux de l’Observatoire de la Formation des Prix et des Marges démontrent que 100 euros de dépenses alimentaires ne fournissent que 5,4 euros de revenu brut à l’agriculture. Cela veut dire que des marges de manoeuvres existent : par des gains de productivité des autres maillons, ou par une meilleure répartition de la valeur ajoutée tout au long de la chaîne alimentaire.

Éviter toute nouvelle charge

Il est impératif d’éviter toute nouvelle charge pour les agriculteurs, et en particulier pour les éleveurs qui cumulent un grand nombre de contraintes. C’est pourquoi, FNSEA-JA ont mobilisé leur réseau pour s’opposer à l’extension des zones vulnérables dans le cadre de la directive « nitrates ». Les conséquences en termes de coûts de mises aux normes et donc de revenu serait en effet insupportables.

Quant aux aides PAC…

Il faut aujourd’hui retrouver des dispositifs qui aient une réactivité par rapport aux évolutions du marché. Il est évident qu’une aide à l’hectare, totalement découplée, n’est pas une réponse adaptée à la volatilité des prix, et ne peut compenser les désordres liés au marché. Seules des aides flexibles pourraient le faire, ou des instruments de gestion de crise qui sont notoirement insuffisants dans le projet de la future PAC.

FNSEA-JA ont toujours défendu la mise en oeuvre de paiements « contracycliques » comme le font, sans état d’âme, les américains avec leur « Farm Bill ». Cependant, force est de constater la frilosité européenne sur ce sujet : manque d’ambition ou manque de courage ?

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