A l’occasion d’une rencontre avec les organisations
professionnelles agricoles, le 10 novembre, les représentants du groupe Bigard,
se sont engagés à relever immédiatement de 5 centimes d’euros/kilo de carcasse
le prix d’achat des vaches allaitantes et de 2 centimes d’euros celui des vaches
de réforme. "J'attends des autres acteurs économiques, dont la grande
distribution, la même détermination à soutenir l'élevage français", a commenté
le PDG du groupe, Jean-Paul Bigard, le 12 novembre. Les autres industriels,
comme le groupe coopératif Terrena, se sont engagés à suivre ce mouvement de
hausse.
Par ailleurs, Jean-Paul Bigard, s’est décidé à revenir aux
réunions interprofessionnelles d’Interbev qu’il avait boycottées depuis deux ans
et qui plombait son fonctionnement. Surtout, le numéro un français de la viande
bovine qui contrôle 42 % des abattages bovins a accepté de doter ses abattoirs
de machines à classer. Et cela d’ici la fin de l’année et au début de l’an
prochain.
Enfin le groupe Bigard a donné son accord pour lever les
référés qu’il avait déposé à l’encontre des éleveurs et des fédérations
départementales afin d’obtenir la levée des blocages d’un certain nombre
d’abattoirs. Ces engagements conditionnaient la levée des barrages "au plus tard
le 11 novembre à 17 heures", ainsi que l’indiquait Dominique Barrau, secrétaire
général de la Fnsea. "On a conscience d’avoir été entendus", rajoutait pour sa
part Jean-Michel Schaeffer, président des JA.
Relance de
l’interprofession
Ceci
étant la Fédération nationale bovine ne renonce pas à l’augmentation de 60
centimes par kilo de carcasse. "C’est un objectif que nous voulons atteindre
dans quelques semaines, car c’est le seul moyen de couvrir nos coûts de
production" a expliqué Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale
bovine (FNB). Les éleveurs resteront vigilants sur une remontée progressive des
cours à la production dans les jours et les semaines qui
viennent.
Le matin
du 10 novembre, lors d’une réunion interprofessionnelle à laquelle participait
le médiateur, Loïc Gouëllo, les différentes familles de la filière sont tombées
d’accord sur un certain nombre d’orientations et sur la feuille de route que le
ministre de l’Agriculture avait fixée la veille. Ainsi le consensus a été obtenu
sur la nécessité de mieux gérer le marché pour redresser les prix, à la fois en
jouant sur les exportations et en lançant une campagne de promotion des races à
viande avec le soutien de la grande distribution. Accord également des familles
pour saisir l’observatoire des prix et des marges de façon à faire toute la
lumière sur la formation des prix dans la filière.
Egalement préoccupés par les contraintes franco-françaises
qui pèsent sur le fonctionnement des abattoirs, les représentants des familles
professionnelles ont demandé à Loïc Gouëllo d’en faire l’inventaire et de faire
des propositions. Une des voies qu’ils jugent indispensable pour restaurer
durablement la compétitivité de la filière française aussi bien sur le plan
national qu’à l’export. En attendant l’ouverture de nouveaux chantiers sur la
segmentation du marché, la mise en place d’indicateurs de tendance et la
contractualisation.