Aucune
des prévisions météorologiques laissant espérer la pluie n’a tenu ses promesses
depuis trois semaines, et c’est à chaque fois une chance de moins de voir les
situations se rattraper.
Dans
ces conditions, la Fdsea et les Jeunes Agriculteurs ont réuni l’ensemble des
organisations professionnelles agricoles cette semaine pour dresser un tableau
complet de la situation, et organiser les réponses à apporter aux agriculteurs.
L’élevage,
des possibilités d’action
D’une manière générale, et en témoignent
les sondages faits auprès des présidents cantonaux de la Fdsea, les dégâts sur
les cultures sont vécus avec une forme de résignation, voire d’impuissance,
malheureusement bien légitime au regard des conditions climatiques.
Cependant,
la capacité d’intervention existe encore pour trouver des palliatifs aux
déficits fourragers. L’urgence porte avant tout sur l’anticipation des besoins
des éleveurs, sur la base de bilans fourragers. Si les conseillers des
différentes structures, chambre d’agriculture et ELC3 notamment, proposent
régulièrement cette prestation, un accent sera particulièrement mis sur ces
éléments au cours des prochaines semaines, auprès des éleveurs laitiers et
allaitants.
Dans
la gradation des priorités, l’urgence est d’autant plus grande pour les systèmes
fourragers les plus dépendants de l’herbe. CER France Somme aide au repérage de
ces cas type, un axe de travail spécifique leur sera consacré.
Concernant
les systèmes davantage basés sur le maïs, il faudra attendre encore quinze jours
pour appréhender au mieux le potentiel de cette culture cette année.
Produire
de nouvelles références
La
situation actuelle modifie les habitudes, que ce soit en conduite de troupeaux
et en logique d’alimentation. Pour s’assurer de faire de bons choix
d’adaptation, des références vont être réactualisées et diffusées aux éleveurs
permettant chacune d’influer sur l’équilibre entre besoin des animaux et
disponibilités fourragères, et ce sur la période allant de ce printemps jusqu’à
la mise à l’herbe 2012. Ensilage de céréale immature, nourriture des génisses
sur une base de paille, décalage d’insémination, cultures dérobées… autant de
pistes à explorer pour en mesurer la faisabilité et la pertinence sur chaque
exploitation.
CIPAN
ou cultures dérobées
La moisson qui s’annonce
exceptionnellement précoce peut permettre de revoir l’interculture. Avec de
surcroît l’obligation de couverture hivernale en zone vulnérable, la possibilité
de mettre à profit l’interculture pour produire un complément fourrager, certes,
à condition que ces cultures puissent lever… Dès lors, là encore, de nouvelles
questions apparaissent : quelles sont les espèces les plus appropriées compte
tenu des objectifs de l’éleveur et des périodes de semis/récolte/retournement ?
Y a t- il des conséquences réglementaires ou des dispositions à prendre ? Pour
la première question, la chambre d’agriculture apportera des éléments dans
l’Action Agricole Picarde dès la semaine prochaine, et la Fdsea sur la seconde.
Redéfinir
les barèmes et les conditions
Les contacts sont déjà nombreux pour se
fournir en paille notamment, entre céréaliers et éleveurs. Pour permettre aux
différentes parties de prendre position, la Fdsea a réuni ses commissions pour
actualiser les barèmes des pailles et fourrages (voir ici). Par ailleurs, compte
tenu de la situation, l’accent est mis sur les échanges paille fumier qui ont au
moins l’intérêt d’éviter les mouvements de trésorerie, et de préserver le
potentiel humique et fertilisant des terres. La base usuelle de discussion est
le un pour deux (une tonne de paille contre 2 tonnes de fumier). Les marges de
discussion portent sur les services annexes (enlèvement, épandage,
distance…).
Organiser la mise en
relation
La paille demeurant une denrée précieuse
pour les éleveurs et mobilisable dans le département, la Fdsea lance une
opération de mise en relation. Les offreurs et demandeurs peuvent renvoyer leurs
éléments au service syndical (fax 03 22 53 30 51, mail secheresse2011@fdsea80.fr ou directement ici).
Ils seront recontactés pour préciser
leurs demandes ou mises à disposition, et mis en relation les uns avec les
autres.
La
Fdsea établit par ailleurs un contrat type d’achat/vente de paille en andain,
ainsi qu’un guide des bonnes pratiques entre vendeur et acheteur pour appuyer
les contrats qui seront passés.
Par ailleurs, des contacts sont pris avec
les industriels concernés pour envisager la valorisation des fanes de pois
verts, mais là, avec une organisation plus forte des travaux de récolte. Selon
les distances à parcourir et les souhaits des uns ou des autres, les ETA et les
Cuma seront à leur tour sollicitées dans les jours à
venir.
Communiquer
régulièrement
Tous ces éléments feront l’objet d’une
communication chaque semaine dans l’Action Agricole Picarde : références
techniques, solutions culturales, aspects réglementaires, témoignages,
recensement… un plan de communication permettra à chacun d’avoir une information
cohérente pour l’aider dans ses choix.
Par ailleurs, les conseillers de
l’ensemble des organisations agricoles, conseil, service, coopératives seront
autant d’interlocuteurs vers qui on peut se tourner. La situation va générer bon
nombre de questions et c’est la coordination de tous qui permettra de produire
chez chacun les bonnes réponses. Un principe fort que défendent la Fdsea et les
Jeunes Agriculteurs.