Trames verte et bleue : les responsables agricoles toujours inquiets

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Les responsables des organisations agricoles ont à nouveau rencontré le 17 janvier dernier les représentants de la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) et du Conseil régional pour rediscuter du schéma régional de cohérence écologique, le document dans le cadre duquel doivent être mises en place les trames verte et bleue (voir nos précédentes éditions). Ils ont tour à tour manifesté leurs vives inquiétudes face à un nouveau zonage qui se profile et qui va se superposer aux autres, ajoutant de nouvelles contraintes aux exploitations.
C'est ce qu'a déclaré d'emblée Daniel Roguet, président de la chambre d’agriculture, rappelant que la Picardie est une région agricole riche et que cette superposition de zonages va encore provoquer des arrêts d’activités. «L'agriculture est la première activité du département, en temps de crise peut-on encore ajouter ces contraintes aux éleveurs ? Nous ne pouvons pas être rassurés lorsque vous nous dites que le Srce n’engendrera pas de réglementations supplémentaires», a renchéri Olivier Faict président de la commission environnement de la chambre d’agriculture et de la Fdsea. «Pour nous ce zonage représente une mise sous cloche, a affirmé de son côté Christophe Buisset, président de la chambre régionale d’agriculture. Nous savons très bien comment cela va s’appliquer au final. Nous en avons déjà eu l'expérience avec d’autres zonages.Comment les documents d’urbanismes vont-ils prendre en compte le Srce ? Il est fort probable que les cabinets d’études vont classer en zone naturelle les corridors écologiques». Les présidents d’arrondissement de la Fdsea présents ont aussi exprimé leur mécontentement : «il est de plus en plus difficile d’exercer notre métier. Malgré tous nos efforts en matière d’environnement, nous sommes toujours montrés du doigt. On ne sait plus exactement ce que l’on peut faire ou ne pas faire dans nos champs, les réponses des administrations sont parfois différentes.
Et même si l’on fait tout pour respecter la réglementation, on se fait contrôler, verbaliser. Bref, il y en a assez !»

Cartes imprécises
Emmanuel du Tertre, responsable du pôle environnement de la chambre d’agriculture, a présenté des cartes pour montrer la difficulté de s’y retrouver. À l’échelle de réalisation (1/100 000ème), il est impossible d’en avoir une vue fine sur le terrain, et il apparaît manifeste que des terres cultivées ou des zones constructibles sont «sous le trait à l’écran». Les représentants de la Dreal et du Conseil régional ont répondu que cette échelle est conforme aux critères réglementaires et qu'il n’y en aura pas de plus précise. «L’atlas cartographique rassemble des cartes de synthèse régionales, il est donc normal que cela devienne flou lorsque l’on fait un zoom à l’échelle d’une commune», ont-ils précisé. Des propos difficiles à comprendre. Comment ce zonage sera-t-il interprété lorsqu’il sera repris dans les documents d’urbanisme ? Face aux critiques, les représentants de l'administration et de la Région n'ont finalement qu'une réponse : «n’ayez pas peur, le Srce n’ajoutera aucune nouvelle réglementation. Il n'apportera qu'une synergie entre les différents dispositifs déjà existant». Sans pour autant convaincre les responsables agricoles.

Mise en oeuvre contractuelle
«Vous fixez un zonage sans indiquer la réglementation qui s’appliquera. Et l'on évoluera par la suite vers toujours plus de contraintes. Et avec la loi sur la biodiversité qui se prépare, on est loin d'être rassuré», a argumenté Olivier Faict. "Comme la Fnsea l'a demandé au ministère, si zonage il y a, sa mise en oeuvre doit être exclusivement contractuelle, élaborée en concertation avec les agriculteurs le plus en amont possible. Or dans le document qui nous est proposé nous ne retrouvons pas du tout ce qui a été discuté au cours des nombreuses réunions du comité de pilotage. Il s’agit d’une consultation et non d’une co-construction".
Daniel Roguet a insisté en conclusion pour que la méthode de travail soit revue et que l’activité agricole soit réellement prise en compte. La profession agricole va demander à rencontrer le préfet de région et elle entend obtenir un délai pour la consultation des cartes.

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