Le ministre n’a rien apporté de nouveau aux éleveurs de bovins

Retour Partager sur facebook Partager sur tweeter Imprimer l'article
Envoyer l'article par e-mail

Envoyer cet article par mail

Fermer

250 signes(s) restant(s)

 

* champs obligatoires

La Fédération Nationale Bovine a tenu son assemblée générale les 6 et 7 février à Guéret dans la Creuse.

C’est dans un contexte particulier que s’est ouvert le congrès de la Fédération nationale bovine, puisqu’avait lieu en même temps le conseil des chefs d’Etat et de gouvernement à Bruxelles et qu’étaient attendus les résultats des élections aux chambres d’agriculture. Pour les quelque 500 congressistes réunis à Guéret dans la Creuse les 6 et 7 février, les débats ont porté essentiellement sur la réforme de la PAC.
«L’élevage est au pied du mur». C’est en ces termes que Pierre Chevalier a accueilli prématurément le ministre de l’Agriculture qui avait avancé son arrivée de 24 heures. Le président de la FNB a interpelé Stéphane Le Foll sur trois dossiers majeurs : l’amélioration de la compétitivité des exploitations, la nécessaire hausse des prix aux producteurs face à l’explosion des coûts de production et l’orientation des soutiens de la PAC vers l’élevage. Devant des éleveurs en colère, le ministre de l’Agriculture, peu enthousiaste et peu convaincant, a défendu d’emblée son engagement pour «essayer de trouver des solutions aux inquiétudes des éleveurs». «L’élevage français est un enjeu majeur pour le pays en matière d’emploi, d’économie et de production de protéine végétale » a-t-il souligné. Mais cela ne l’a pas empêché de réduire l’enveloppe du plan de modernisation des élevages «de 36% dans un secteur d’activité en difficulté », lui a rétorqué Pierre Chevalier. Stéphane Le Foll a répondu qu’il avait dû revoir l’ensemble des fonds et qu’ «une enveloppe de 5 millions d’euros supplémentaires sera débloquée pour renflouer ce plan». De même, la suppression de l’aide à l’engraissement par le ministre a été l’occasion d’un échange houleux avec l’auditoire. Stéphane Le Foll assume cette décision. «Je n’étais pas à l’origine de cette aide, décidée avant mon arrivée avec un budget européen établi sur des bases floues. Personne ne l’a revendiquée, nous avons donc décidé de la supprimer». «C’est 8 millions d’euros de perdus en 2012 et autant en 2013», a déploré Jean-Pierre Fleury, secrétaire général de la FNB. Le ministre de l’Agriculture s’est dit malgré tout favorable pour engager une nouvelle discussion et essayer de trouver une solution qui ne serait applicable qu’en 2014… engagement auquel la salle a aussitôt répondu : «en 2014, nous serons tous morts».

Chercher le meilleur équilibre pour l’élevage
Face à la hausse des prix des matières premières, le ministre a appelé la grande distribution à assumer ses responsabilités et à accepter des hausses de tarifs de ses fournisseurs lorsque les indicateurs indiquent une hausse significative des coûts de l’alimentation animale, comme c’est le cas depuis plusieurs mois pour les filières d’élevage. Stéphane Le Foll a souligné qu’il n’existait aucun moyen direct d’imposer des règles aux distributeurs. Et il a appelé la profession à «maintenir la pression !» Il partage la proposition de la FNB de renforcer les contrôles sur la transparence des cotations du bétail. C’est pour lui «une démarche justifiée». Le ministre intervenait alors que le conseil européen n’était pas encore parvenu à un accord sur le cadre budgétaire de la PAC. «Les vrais enjeux sont aujourd’hui à l’Europe», a-t-il déclaré, ajoutant qu’il veillerait «à chercher le meilleur équilibre pour l’élevage et à compenser une productivité et une rentabilité plus faible que dans d’autres secteurs ». Stéphane Le Foll a enfin réaffirmé son souhait de «surprimer » les cinquante premiers hectares, mesure qui selon lui bénéficiera à l’élevage.

ZOOM
Christophe Hochedé : «maintenir l’élevage dans les exploitations du Nord Bassin parisien»
Comme il est de tradition, chaque région s’est exprimée sur ses propres problématiques. C’est Christophe Hochedé, président de la section bovine du Pas-de-Calais, qui a pris la parole pour le Nord Bassin parisien. «Notre région se caractérise par des exploitations de polyculture élevage. Elles ont développé l’élevage afin de dégager du revenu. Mais depuis quelques temps, l’écart se creuse entre le revenu des cultures et celui de l’élevage. Nous avons besoin de prix à la hausse ! Un fossé se crée également sur le plan du travail et des contraintes. Nous n’avons aucune reconnaissance de nos concitoyens pour nos activités. Il devient impossible de créer, de développer une activité d’élevage du fait de l’opposition des citoyens et des contraintes de l’administration. Au moment où on nous parle de compétitivité, on nous ajoute des charges. La fosse est pleine !». Christophe Hochedé a ensuite exigé «des éclaircissements sur l’observatoire de la formation des prix et des marges. Celui-ci montre une marge déficitaire du rayon boucherie en grandes surfaces. Si ces dernières ne savent pas gagner d’argent, qu’elles arrêtent de vendre de la viande et qu’elles laissent des personnes plus compétentes le faire». Concernant la PAC, «il y a nécessité, pour Christophe Hochedé, de garder le couplage de la prime à la vache allaitante pour maintenir les effectifs». Sur le second pilier, «il faut absolument que cela reste dans un cadre national pour ne pas avoir des politiques concurrentes entre région ou pire voir échapper les crédits vers d’autres politiques comme le boisement par exemple». S’exprimant sur l’aide à l’engraissement, «2014, c’est un peu loin ! Nous devons faire un recours collectif », a affirmé Christophe Hochedé. Il a enfin incité les éleveurs à «retravailler au corps nos groupements et acheteurs pour que la contractualisation se traduise sur le terrain», sans oublier de «travailler également sur les coûts de production».

Toutes les émissions dans la médiathèque