Drive fermier : une version 2.0 des circuits courts

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Les «drive» se développent à tout va en France. Mais les producteurs ont décidé de ne pas être en reste.

Chaque vendredi après-midi, les clients viennent récupérer leur marchandise au point relais.

La vente en «drive» se développe de plus en plus en France. Et les enseignes de la grande distribution ne s’y trompent pas. Les «drive» fleurissent en ville. C’est partant de ce constat que la Chambre d’agriculture de la Gironde a lancé, en octobre 2012, le premier drive fermier de France. Une opération pilote en partenariat avec l’APCA, le conseil général de Gironde et le conseil régional Aquitaine.
Alain Monget, directeur du service communication, promotion, agritourisme, de la Chambre d’agriculture de Gironde explique : «les élus de la Chambre ont commencé à réfléchir à cette idée dès l’automne 2011. Et ont décidé d’accompagner la phase d’expérimentation du projet en 2012». Un chargé de mission, dédié au projet, a donc accompagné les agriculteurs volontaires.

Vente directe
Des outils de vente en ligne existent déjà. Mais la solution choisie par la Gironde est différente. «En fait, il s’agit d’avoir un point de vente collectif, mais de manière virtuelle». Ce système est une manière de diminuer les coûts tout en augmentant la visibilité des producteurs sur le net. «Aujourd’hui, on voit les sites de vente de produits agricoles se multiplier sur Internet. Mais, en dehors d’un prénom et d’un département, les marchands fournissent souvent peu d’indications sur les producteurs. Notre système, lui, offre une traçabilité très forte». C’est de la vente directe, mais avec les outils d’e-commerce. Les producteurs gardent la main. Ils gèrent leur stock et leur vente. Concrètement, ce sont les exploitants qui «offrent» leurs produits. Après une formation au logiciel Magen­to (voir encadré), ils remplissent eux-mêmes leurs fiches produit : texte, photo, prix, disponibilité, quantité. Ils les mettent en ligne le mardi. Puis ils suivent en temps réel les commandes passées sur le site. Reste ensuite à préparer les commandes et à les apporter au point relais où les clients viendront récupérer leurs achats. Point relais tenu par les exploitants par roulement.

Mode d’emploi
En Gironde, le département test, le modèle fonctionne sur le volontariat avec un point de vente pour une trentaine d’agriculteurs. «Chaque participant s’acquitte d’un droit d’entrée de 100 euros. Puis le site prend une commission de 12 % sur les produits vendus pour financer ses prestations (entretien du site, communication, mise à disposition d’un point de retrait). Mais nous privilégions les partenariats avec les municipalités pour rester dans l’esprit de l’Agenda 21 et des circuits courts, comme les AMAP et les Marchés de Producteurs de Pays. Aujourd’hui, nous avons 3 points de retrait. Si le premier est une SICA maraîchère qui nous a permis de démarrer, les autres sont une salle municipale et une école». Avec 4 600 internautes inscrits à la newsletter et 220 clients sur les 3 sites, le galop d’essai se présente bien. «Nous avons aussi des exploitants qui organisent des dégustations dans les points-relais». Cela pour augmenter encore la proximité et la visibilité. Reste à se mettre d’accord sur l’offre à proposer sur le site. Il faut varier les productions. Avec les 6 mois de recul, les Girondins ont vu les produits les plus appréciés : viande sous vide, produits laitiers, fruits et lé­gumes. Et la clientèle se dessiner : les 40 ans et plus, avec enfants. Pour atteindre, en 2014, deux objectifs : rendre la structure rentable et autonome et ouvrir des points relais en zone rurale.

L’Apca développe les e-outils
L’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) a décidé de se lancer dans le développement de «modules technologiques». Ce qui passe, très concrètement, par le développement d’outils infor­ma­ti­ques pour permettre aux agriculteurs de vendre sur Internet. L’outil, le logiciel Magento, est développé en partenariat avec e-bay. «Nous nous sommes associés avec un acteur de poids» explique la chargée du projet, Anne Bennato, «pour offrir aux agriculteurs un outil qui fonctionne avec une base de données unique.
Pour faire simple, cette solution permet à l’agriculteur de connaître son stock en temps réel, quel que soit le mode de commercialisation choisi». Mais ce n’est pas le seul service que cet outil peut apporter à l’agriculteur.
Le logiciel est fait pour être le plus polyvalent possible.
Et pour donner des solutions techniques aux exploitants pour mieux vendre, que cela soit sur les circuits courts ou pas.
Chaque Chambre d’agriculture propose des accompagnements spécifiques pour cela.

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