Des Etats généraux pour «redonner des perspectives à l’agriculture»

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Lors des Etats généraux du 21 février, les organisations agricoles attendent des pouvoirs publics qu'ils libèrent les atouts de l’agriculture française.

C’est le 21 février qu’auront lieu les États généraux de l’agriculture lancés par les membres du Caf (Fnsea, Jeunes agriculteurs, chambres d’agriculture, Mutualité, Crédit et coopération agricole). Objectif, exprimé le 5 février lors d’une conférence de presse : «redonner des perspectives à l’agriculture française», explique le président de la Fnsea, Xavier Beulin. Un choix de date, à la veille de l’ouverture du Salon de l’agriculture, qui pourrait inciter le président de la République François Hollande à répondre aux préoccupations évoquées, lors de son inauguration du salon. Mais quatre ministres ont d’ores et déjà répondu présent : Stéphane Le Foll (Agriculture), Guillaume Garot (Agroalimentaire), Arnaud Montebourg (Redressement productif) et Philippe Martin (Écologie).
La demande mondiale en produits alimentaires ne cesse d’augmenter, tandis que l’offre de produits français est à la baisse. Tel est le constat, affirmé par Xavier Beulin, qui résume l’agriculture française aujourd’hui. Celle-ci perd des parts de marché, tant vis-à-vis de pays européens que par rapport à des concurrents mondiaux. D’où l’idée qu’avait lancée le président de la Fnsea de ces Etats Généraux pour évoquer, en présence de membres du gouvernement et de grands représentants de secteurs voisins, tout ce qui verrouille les performances de l’agriculture française et obtenir, surtout, des engagements à «lever ces verrous pour libérer les atouts de l’agriculture».

Performances potentielles
Premier objectif de cette rencontre, afficher les performances potentielles de l’agriculture, «dans toute sa diversité » insiste Xavier Beulin : la grande exportation mais aussi les produits vendus en circuits courts. Deuxième objectif : «Obtenir des réponses à des questions que nous posons depuis longtemps aux pouvoirs publics». Parmi celles-ci : la simplification et l’accélération des procédures, pour agrandir une exploitation par exemple ou obtenir une autorisation d’investissement. Trois tables rondes seront organisées autour des trois thèmes : emploi, simplification, modernisation. Trois thèmes pour aborder la question cruciale de la compétitivité.

Une compensation pour le Cice chez les Coop
À ce sujet, Philippe Mangin a expliqué que les coopératives avaient renoncé à faire fléchir l’Europe pour qu'elles puissent bénéficier du Cice (Crédit d’impôt compétitivité emploi) mais qu’il avait été entendu, lors d’une rencontre avec le Premier ministre, qu’une forme de compensation pourrait être obtenue dans le cadre du pacte de responsabilité annoncé par François Hollande. Autrement dit, les coopératives pourraient bénéficier d’un allègement de cotisations familiales.
Guy Vasseur, le président de l’Apca (chambres d'agriculture), a expliqué, pour sa part, que la plupart des propositions de simplification faites naguère conjointement à la Fnsea restaient d’actualité. Gaël Gautier, secrétaire général des Jeunes agriculteurs, insistait pour que les délais d’instruction des installations en agriculture soient réduits. Concernant le plan de modernisation des exploitations, pour lequel un budget de 200 millions d’euros a été prévu, et qui devrait être géré par les régions, Xavier Beulin a souhaité, en substance, que des règles nationales viennent encadrer leurs initiatives.

Court terme et long terme
Dès le 21 février, estiment les syndicalistes, les ministres présents devraient pouvoir s’engager, au moins pour ce qui est applicable à court terme. «Si, en sortant de ces Etats généraux, les agriculteurs peuvent se dire qu’ils pourront agrandir très rapidement leur exploitation», ce sera une avancée, expliquait Xavier Beulin. La dimension agricole ne sera sans doute pas la seule traitée, les difficultés récentes de l’agroalimentaire comme celles du poulet export ou de l’abattage de porcs en Bretagne montrant à quel point des menaces en aval peuvent rejaillir sur l’agriculture. «Il faut qu’on facilite la vie de ceux qui entreprennent», résumait Guy Vasseur. Les Etats Généraux du 21 février seront bien l’occasion de tenter d’en convaincre les pouvoirs publics.

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