Production de taurillons : 2013 identique à 2012

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Le groupe engraissement  de la chambre d’agriculture s’est réuni pour mutualiser ses résultats techniques et économiques.

Globalement l’année 2013 est similaire à 2012 avec des résultats satisfaisants pour les quinze éleveurs constituant l’analyse de groupe Somme basée sur 2 540 taurillons abattus. Les abattages sont composés de 45% de Charolais et 27% de Blonds.
La marge brute moyenne est de 240 € mais comme toujours revêt des extrêmes qui vont de 173 € pour le quart inférieur à 374 € pour le quart supérieur. Existe-t-il une recette pour être dans le quart supérieur ? Bien entendu, et elle est connue de tous : faible mortalité (0,8%), faible coût sanitaire (21 €), faible coût alimentaire (384 €), croissance élevée (1532 g).

Connaître le poids des animaux achetés
Cependant l’ensemble des ingrédients est difficile à réunir et c’est loin de suffire car il est nécessaire de maîtriser le prix d’achat des broutards. Maitriser, le mot n’est peut-être pas adapté, mais la première chose est de connaître le poids des animaux achetés, car un prix ne veut rien dire. A noter, que les fournisseurs n’ont pas un travail facile, partagés entre les naisseurs, qui méritent de vivre de leur travail pour tout le temps qu’ils passent autour de leurs vaches, et les engraisseurs qui souhaitent tirer la meilleure marge de leur achat.
En race charolaise, un raccourci rapide permet d’établir la différence de prix d’achat à 0,28 €/kg vif entre le quart supérieur et inférieur, ce qui représente 84 € pour un broutard de 300 kg. La bascule est donc un bon outil de contrôle pour vérifier le prix au kilo, même si la conformation a aussi son importance ainsi que l’époque d’approvisionnement. Viendraitil à l’idée d’acheter un tracteur sans connaître sa puissance ? La comparaison est peut être disproportionnée. Oui, certainement un tracteur de 150 ch c’est l’équivalent de 65000 € et un atelier de 150 broutards c’est 132000 € et tous les ans.

Le temps de travail s'est réduit
Pour ce qui concerne le prix de vente, les différences sont faibles et la moyenne est de 3,81 € en charolais et 4,03 € en race blonde pour un poids carcasse moyen de 440 kg. Si vous êtes en dessous de ces prix, il y a fort à parier que les poids carcasse sont aussi en dessous de la moyenne. Plus ou moins 10 kg de carcasse, c’est plus ou moins 0,3 point de rendement carcasse.
Au final, le travail doit rémunérer la main d’oeuvre, donc une grosse marge par taurillon peut finir par une faible rémunération horaire si le temps de travail par taurillon est important. Les membres du groupe sont maintenant bien habitués et sensibles à ce raisonnement, et le temps de travail est passé de 6,5 h à 4 h/JB depuis 2006, date de création du groupe. Cette évolution est généralement liée à l’agrandissement des ateliers qui sont passés en moyenne de 140 à 180 taurillons par élevage.
Selon un sondage réalisé auprès des engraisseurs, 64% pensent avoir amélioré leur marge et 80% trouvent davantage de motivation dans la conduite de leur atelier depuis la création du groupe. Alors, félicitations aux engraisseurs qui, de par leur participation, ont fait progresser ce secteur d’activité et bienvenu à ceux qui voudraient rejoindre le groupe.

Evolution de la marge brute par taurillons de 2006 à 2013
Graph (1)


Témoignage de Philippe Mascré, éleveur à Nurlu
«Je suis passé de 200 à 300 places d’engraissement»
Philippe Mascré est installé à Nurlu sur une exploitation de 150 ha avec 300 000 L de lait et 300 places d’engraissement pour 1,5 UMO. «Mon père a commencé par engraisser quelques veaux laitiers puis des croisés en complément de la production laitière. Depuis, l’engraissement n’a cessé de se développer progressivement, la dernière opération concernant la création d’un appentis sur un bâtiment à paille pour loger 90 taurillons à raison de 700 € la place. Je suis planteur de betteraves et la sucrerie se situe à 8 km de la ferme ce qui me donne un avantage sur le coût alimentaire. Le travail ne manque pas, aussi l’alimentation des taurillons est simplifiée avec 2 kg de concentré avec minéral incorporé et associé à de la pulpe à volonté, le tout apporté avec un godet mélangeur. La croissance oscille entre 1400 et 1500 g et le temps de travail par taurillons sortis est d’environ 3,2 h soit environ 1000 heures par an. La production de taurillons m'apporte un revenu complémentaire et permet de consolider l’efficacité économique de l’exploitation mais comme d’autres productions, il y a des hauts et des bas. Pour l’ensemble du cheptel, j’ai rentré 1650 boules de paille et épandu 500 tonnes de fumier sachant que le reste (900 tonnes) est échangé contre de la paille ou vendu. Je n’achète jamais d’engrais de fond et les analyses de sol démontrent un niveau de phosphore et de potasse satisfaisant. Cela me permet de me situer dans le peloton de tête du groupe sur les marges brutes cultures du centre de gestion».

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