Face à la crise, Sodiaal Union se mobilise sur tous les fronts

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Le 8 juillet dernier, la coopérative Sodiaal Union Nord organisait une réunion d’information sur son activité 2015 et ses perspectives pour 2016. Bilan.

De gauche à droite : Bernard Bezu, président de la section Côte d’Opale ; Pierre Poixblanc, président de la section Normandie ; Olivier Gaffet, président de la section Picardie et président délégué national de Sodiaal Union Nord ; Luc Verhaehge, président de la section Nord Ardennes et président de Sodiaal Union Nord ; et Jean-Charles Mallard, directeur coopératif régional.

Entre la dérégulation du marché européen, conduisant certains pays à produire plus que de raison et déséquilibrant, par voie de conséquence, l’offre et la demande au point de tirer les prix vers le bas, ainsi que la persistance de l’embargo russe, les effets ont été violents sur l’ensemble de la filière. Sur le plan de la consommation, le tableau de Sodiaal est plutôt morose, et ce, dans un contexte de baisse de prix sur tous les produits.
Mais, «globalement, l’activité de la coopérative a été bien maîtrisée, sauf sur le fromage en raison des difficultés de commercialisation dues à la concurrence allemande dans le contexte de poursuite de l’embargo russe», dit Olivier Gaffet, président délégué national de Sodiaal Union Nord. La coopérative a également dû faire face à un coût de gestion élevé de ses excédents.
Il n’empêche. Au bilan, l’EBE a progressé de 25 millions d’euros, passant de 93 millions d’euros en 2014 à 118 millions d’euros, et l’endettement a été maîtrisé à un niveau inférieur à celui de 2014 (soit 220 millions d’euros). Le chiffre d’affaires réalisé en 2015 est de 5 milliards d’euros, dont 25 % réalisés à l’international et près de 10 % hors Union européenne. «Le marché intérieur ayant plutôt tendance à être saturé, c’est à l’export qu’il faut aller chercher des parts de marché», commente Olivier Gaffet.

Cap sur l’international
Le groupe Sodiaal a ouvert des bureaux à Shanghai, Singapour, Tokyo et Dakar. De plus, Candia, filiale de lait de consommation de Sodiaal, et le groupe chinois Synutra, ont signé un contrat de dix ans renouvelable, portant sur la fourniture annuelle d’environ 450 millions de briques de lait 20 cl, soit 60 millions de litres de lait utilisés. Sur le plan des outils industriels, dans le partenariat établi, 288 millions de litres de lait français par an et 24 000 tonnes de concentré de lactosérum déminéralisé sont valorisés dans l’usine de séchage de lait à Carhaix (Finistère). Quant à l’usine inaugurée dans la province de Shanghai en octobre dernier, «elle a déjà pris 15 % des parts de marché», souligne Olivier Gaffet. Autre axe stratégique pour investir les marchés à l’international : le développement des franchises. «Cela marche bien avec Yoplait. On va le développer également chez Candia. C’est déjà fait en Palestine», indique-t-il. Ce sera aussi le cas en Iran dans le courant de cette année.

Perspectives 2016
En termes d’investissement, le plan est estimé à 100 millions d’euros, «mais en fonction du marché, une deuxième enveloppe pourrait être constituée. Tout dépendra, en fait, de la conjoncture et de la nécessité qu’il y aura à aider les producteurs », précise-t-il. Dans tous les cas, l’objectif est d’aller chercher toujours plus de marchés à l’international, notamment en Asie du Sud-Est. «Nous devons continuer à implanter des moyens là-bas», insiste-t-il. Outre l’ouverture de bureaux, le groupe a depuis le début de l’année un service exclusivement dédié à l’export.
Autre axe stratégique, dans la continuité de la philosophie de la coopérative : la valorisation du lait. «Il faut dans les secteurs moins bien valorisés transférer les productions vers des secteurs bien valorisés. Ainsi faisons-nous avec les 60 millions de litres annuels en briquettes pour la Chine. Il faut bien avoir à l’esprit que le grand export, ce n’est pas que du dégagement de volumes. C’est de la valeur ajoutée», développe le président délégué national de Sodiaal Union Nord. La défense de la valorisation du lait doit aussi se faire sur le marché français. A cette fin, la coopérative a signé, depuis le début de l’année, la charte de valeur laitière de la FNPL avec Carrefour, Leclerc, Lidl, Aldi, Super U et La Pataterie (restauration hors foyer pour ce dernier). Reste que les relations avec la grande distribution ne sont pas simples pour autant. «Nous demandons toujours une vraie répartition des marges dans la filière, mais c’est difficile», relève-t-il. La fixation des prix est chaque année remise en cause, ce qui a, bien sûr, une incidence sur le prix du lait payé aux producteurs.

Le prix du lait
En 2015, le prix moyen AB s’est établi à 303 € les 1 000 litres, contre 363 € en 2014. Au début de cette année, le prix était à 300 €, puis à 280 €, avant d’atteindre les 270 € depuis deux mois. Aucun prix n’a cependant été annoncé. «Comme le marché est complexe en ce moment, nous avons du mal à annoncer un prix à l’avance. On souhaite s’ajuster au plus près du marché», dit-il. Dans tous les cas, la coopérative réfléchit à un nouveau mode de fixation des prix, puisque les indicateurs professionnels utilisés datent de la période des quotas. «Il faut fixer un prix du lait propre à Sodiaal, puisque les quotas n’existent plus, et que nous n’avons pas le droit de parler de prix au sein de l’interprofession», note-t-il. C’est donc un mode de fixation de prix interne sur lequel planche la coopérative, ainsi qu’à une clé de répartition de son résultat annuel. Sur le prix d’acompte, plusieurs pistes sont en réflexion, dont un prix en fonction des autres entreprises de la filière ou un prix calculé à partir des ventes des produits. Pour la répartition, «elle pourrait se faire soit en complément de prix, soit en dividende de capital détenu par chaque coopérateur, mais rien n’est arrêté», précise-t-il. Affaire à suivre…

Sodiaal Nord en chiffres
- 1 700 exploitations, soit 2 680 producteurs
- 760 millions de litres collectés, soit 25 % de la collecte régionale
- Quatre sections depuis sa fusion avec la CLHN : Côte d’Opale (415 exploitations, 162 millions de litres de lait) ; Nord Ardennes (329 exploitations, 152 millions de litres de lait) ; Picardie (466 exploitations, 216 millions de litres de lait) ; Normandie (450 exploitations, 227 millions de litres de lait)
- Cinq sites de transformation : Candia Awoingt (59), Terre des Lys à Aire-sur-la-Lys (62), Nutribio à Doullens, Eurosérum à Airaines, et Entremont à Maromme (76)
- Activité 2015 : baisse de 1,5 % de la production de lait

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