Lait : le dispositif du 26 avril connaît déjà des ratés

Retour Partager sur facebook Partager sur tweeter Imprimer l'article
Envoyer l'article par e-mail

Envoyer cet article par mail

Fermer

250 signes(s) restant(s)

 

* champs obligatoires

La hausse du prix du lait n’est toujours pas acquise.

Les industriels sont pris en tenaille entre les annonces du médiateur, les producteurs qui attendent une hausse ferme et définitive, et les grandes enseignes qui ne veulent rien entendre de plus. Certains décrochent déjà.

Dans un long communiqué, le médiateur des relations commerciales agricoles, Francis Amand, est revenu sur les modalités de revalorisation du prix du lait à la production arrêté le 26 avril dernier. Il est prévu une augmentation de 25 €/1000 litres du prix payé au producteur pour rattraper la hausse des charges qu’ils subissent sur les aliments du bétail. Ce qui correspond à une «hausse technique» à la distribution de 3 centimes par litre pour le lait de consommation et de 2 centimes pour le lait incorporé dans les produits laitiers. «La grande majorité des transformateurs se sont engagés à répercuter aux producteurs qu’ils collectent l’intégralité des hausses de tarifs acceptées par leurs clients distributeurs», reconnaît le médiateur. Il n’en reste pas moins qu’un certain nombre d’entre eux rechignent à le faire et que d’autres n’ont accordé que des avances de trésorerie pour le règlement de la collecte d’avril. En attendant que les grandes surfaces concrétisent leurs engagements sur les pieds de facture.
Car le médiateur précise que cette «hausse technique vient s’ajouter aux tarifs que les parties avaient convenu d’appliquer à cette date (ndlr, le 1er juin), déduction des relèvements tarifaires déjà acceptés sur le lait de consommation par rapport au prix moyen de 2012». Il ajoute que les transformateurs, notamment ceux qui exportent peu et qui ne bénéficient pas de l’amélioration de la conjoncture internationale, seraient en droit d’exiger de leurs clients distributeurs «une nouvelle hausse de leurs tarifs s’ajoutant à la hausse technique recommandée» à compter du mois de septembre.
Il préconise également que la hausse technique prévue dans le dispositif du 26 avril puisse s’appliquer jusqu’au 1er mars 2014 et que les négociations tarifaires avec les distributeurs pour 2014 s’engagent sur la base du prix moyen 2013 intégrant cette hausse technique.

Arbitrage
Le communiqué du médiateur n’a pas contribué à apaiser les transformateurs. Loin s’en faut. «L’accord qui nous est proposé n’est pas applicable. La médiation ne fait qu’aggraver la situation du lait de consommation» a déclaré Giampaolo Schiratti, le président du syndicat des fabricants de lait de consommation (Syndilait). «Nous avons perdu de l’argent en 2012, nous continuerons à en perdre en 2013, si nous appliquons l’accord. Les industriels ne peuvent pas suivre» ajoute-t-il.
Les transformateurs doivent faire face à la hausse du coût des emballages, de l’énergie et du transport, sans oublier la mise en place de l’écotaxe en octobre 2013 qui impactera l’activité aussi des entreprises, observe Emmanuel Vasseneix, administrateur de Syndilait. Aussi demandent-ils aux distributeurs, une revalorisation plus élevée des tarifs d’achat des grandes surfaces, sur un produit, le lait dont le prix n’a pas bougé au détail depuis la mise en place de l’euro. Sinon, les entreprises n’auront d’autres choix que de se tourner vers l’exportation pour exporter du beurre et de la poudre, au détriment de la production de lait de consommation, menace-t-il. D’ailleurs, d’ores et déjà, certaines d’entre elles ont investi massivement dans des tours de séchage de poudre de lait pour profiter du dynamisme des marchés internationaux.

ZOOM Pour la Fnsea, les industriels et les distributeurs doivent jouer le jeu
«Les coopératives ne discutent pas l’augmentation du prix du lait, indispensable pour les producteurs au regard de leur coût de production. Encore fautil qu’elles puissent assurer cette augmentation, à court comme à long terme, pour garantir leur activité dans le temps et donc celle de leurs associés coopérateurs» estime Dominique Chargé, le président de la Fédération nationale des coopératives laitières (Fncl), en commentant les précisions du médiateur. Et de souligner dans un communiqué que l’acceptation des hausses techniques de la part des distributeurs «est encore à l’état de déclarations orales» qui n’ont pas fait l’objet «de confirmation officielle», certains même évoquant des nécessités de report.
De leur côté, les enseignes de la Fédération du commerce et de la distribution demandent aux industriels du lait «d’accepter dans les plus brefs délais les termes du dispositif prévu par le médiate ; leur accord formel est une condition de réussite du dispositif ; faute de quoi les éleveurs laitiers n’ont aucune assurance que les hausses leur seront intégralement reversées».

La Fnsea, les JA et la Fédération nationale des producteurs de lait appellent «toutes les entreprises laitières à jouer le jeu». Car le comportement de certaines est «non seulement inacceptable, mais risque de mettre à mal le processus engagé». Idem pour la grande distribution qui doit également «jouer le jeu». Et les syndicats de conclure : «nous n’admettrons pas que les négociations soient encore une fois manipulées par l’omnipotence des grandes enseignes. Nous devons donc rester vigilants et nous préparer à d’éventuelles actions contre ceux qui remettraient en cause leurs engagements».

événements

  • {0} - {1}

Toutes les émissions dans la médiathèque