Comment obtenir une meilleure valorisation de la production ovine

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Le 1er octobre, l’Association ovine Nord Picardie (Aonp) organisait une vente de reproducteurs et inaugurait, le même jour, un centre de rassemblement ovin à Authieule.

Ce sont plus de cinquante béliers de races Hampshire, Suffolk, Ile de France, Charollais, Texel et Rouge de l’Ouest qui étaient mis en vente, ce 1er octobre, au nouveau centre de rassemblement ovin d’Authieule.

C’est une première, qui a failli tourner court en raison de la fièvre catarrhale ovine que traverse notre pays. Cette journée, l’Aonp y tenait particulièrement. Et d’autant plus, car elle voulait mettre en rapport des éleveurs reproducteurs et des éleveurs sélectionneurs, en raison des demandes des premiers pour maintenir et développer leur cheptel. «C’est la raison pour laquelle on a fait appel à nos éleveurs sélectionneurs de plusieurs races, qui sont recherchées par les éleveurs reproducteurs, pour qu’ils puissent faire affaire ensemble», explique Bruno Leclercq, animateur à l’Aonp. Ce sont plus de cinquante béliers de races Hampshire, Suffolk, Ile de France, Charollais, Texel et Rouge de l’Ouest qui étaient mis en vente, ce 1er octobre, au centre de rassemblement ovin, à Authieule.
Outre la mise en relation des éleveurs, l’objectif de l’Aonp est aussi de faire face aux enjeux de demain. «Actuellement, on refuse des marchés par manque de production à offrir. Il nous faut jouer la carte de la génétique pour pouvoir fournir les agneaux les plus adaptés au marché, autrement dit conformés. Aussi en organisant une telle journée, on propose aux éleveurs des bêtes qui ont été élevées en ferme, qui sont conformées et qui présentent des garanties sanitaires afin que ces éleveurs puissent développer leur cheptel et orienter leur production vers des marchés rémunérateurs», commente l’animateur de l’Aonp.

Un nouveau centre de rassemblement
Par ailleurs, pour favoriser les circuits courts, à l’origine même de la création de l’Aonp, l’association, avec le soutien financier de la SVA Jean Rozé - l’un de ses partenaires - a fait construire un centre de rassemblement ovin, à Authieule, chez Vincent Dochy. Coût de la structure : 10 000 euros financés à moitié par la SVA Jean Rozé et à moitié par un emprunt contracté par l’Aonp. Le coût du fonctionnement de ce centre sera, lui, à la charge de l’Aonp et des éleveurs adhérents.
«En participant financièrement à cette construction, nous marquons notre volonté de pérenniser notre partenariat avec l’Aonp, voire de le développer. L’idée est de réceptionner davantage d’agneaux. Comme on croit toujours dans l’agneau français, on se donne les moyens d’y parvenir», commente Pascal Nivol, responsable des approvisionnements ovins à la SVA Jean Rozé.
Pour l’Aonp, ce centre répond à deux objectifs : d’une part, combler l’absence d’infrastructure de la sorte dans le nord et l’est d’Amiens, ce qui obligeait les éleveurs à faire de trop nombreux kilomètres pour apporter leurs bêtes dans un centre de rassemblement d’ovins et, d’autre part, répondre aux exigences de la Ddpp par rapport à l’expédition des animaux. Pari réussi.


L’Aonp : chiffres clés

- 150 éleveurs dans l’association, dont 65 dans la Somme.
Les autres sont répartis entre l’Aisne, l’Oise, le Nord, le Pas-de-Calais et la Seine-Maritime.
- 27 000 brebis



Régis, Vincent et Denis Dupays.Régis, Vincent et Denis Dupays.

Les frères Dupays, éleveurs à Pinchefalise

Les frères Dupays sont la cinquième génération d’éleveurs de brebis. A Pinchefalise, dans la commune de Boismont, où ils ont leur exploitation, ils possèdent un cheptel de

1 000 brebis avec des agnelles. Comme chaque année, ils sont à la recherche de reproducteurs. «Tous les ans, on achète des béliers pour renouveler notre cheptel. Il faut dire qu’en baie de Somme, on a beaucoup de casse, car on fait pas mal de déplacements avec les bêtes. Ce n’est pas comme en pâture. La baie de Somme est un lieu de déplacement vraiment difficile pour les bêtes. Du coup, notre pourcentage de renouvellement est plus conséquent que dans un élevage traditionnel», relève Régis Dupays.
Inutile de dire que cette vente de reproducteurs, avec plusieurs races présentes, organisée le 1er octobre par l’Aonp, avait tout pour les enchanter. En effet, d’ordinaire, ils sont obligés de courir dans la Somme et dans l’Oise pour acheter des reproducteurs de différentes races. «Nous, poursuit Régis Dupays, nous avons des races spécifiques. On travaille avec des Suffolk, des Hampshire et des Ile de France. Grâce à cette vente avec plusieurs races de béliers, cela nous évite plusieurs déplacements. On fait ainsi d’une pierre deux coups.»

Un besoin en génétique
Avec ses frères, Vincent et Denis, Régis est venu pour acheter six béliers afin de renouveler ses reproducteurs. «Cette journée est vraiment pratique, dit Régis Dupays, car tout est centralisé. Puis, on peut négocier. De toute façon, on essaie toujours de négocier.» Sur les six béliers achetés, il y en a de race Hampshire, retenus pour leur qualité bouchère, mais aussi de race Suffolk pour leur qualité laitière, et de race Ile de France pour leur conformation.
«Des béliers, il y en a partout, note-t-il, mais on cherche toujours le bel animal. Aussi cette journée est-elle importante pour n’importe quel éleveur qui a un besoin en génétique.» Et un besoin auquel la vente peut leur répondre, puisque toutes les garanties sanitaires sont données, grâce au fiche de chaque animal, suivi depuis sa naissance.
Toutefois, même avec toutes ces garanties, les béliers ne seront pas utilisés cette année dans leur exploitation. «Il faut du temps, explique-t-il, pour que les bélier s’intègrent dans un troupeau et pour leur intégration microbienne. Ils resteront donc six mois en bergerie, en transition, avant d’être mis au milieu de brebis.»
F. G.


Emmanuel Mary, et son fils, Nicolas.Emmanuel Mary, et son fils, Nicolas.

Emmanuel Mary : éleveur sélectionneur

Il a fait 210 km pour venir. Emmanuel Mary est éleveur sélectionneur de moutons de race Hampshire, à Saint-Pierre-des-Ifs, dans l’Eure. Il ne sera pas venu pour rien. Pour cette première vente de béliers, organisée par l’Aonp, sur les sept béliers de race Hampshire présentés, il en avait vendu quatre en fin de matinée.

Il faut dire que ces béliers ont fière allure. «J’aime leur gueule et leur look. Cette race répond, par ailleurs, à mon système d’exploitation car, chez moi, tout est en herbe. J’ai 70 hectares de prairies. J’ai aussi choisi cette race pour sa qualité de rusticité. Elle peut être élevée en plein air toute l’année, et elle valorise bien l’herbe», explique Emmanuel Mary.
S’il fait également de la sélection, c’est pour échapper à «la partie noire du métier, c’est-à-dire mettre les animaux à l’abattoir».

Un travail d’orfèvre
Emmanuel Mary a commencé avec deux brebis, après son BTS. A présent, il en a 200, ainsi qu’une dizaine de vaches de race Rouge des près. «Je fais de la sélection, et j’adore ça», commente-t-il. Tous ses animaux ont un pedigree. Son travail ? Gérer les accouplements à partir des pedigrees pour obtenir le meilleur animal possible. Chaque agneau est pesé à son trentième jour, puis à son soixante-dixième jour. Les agneaux les mieux notés, comprenez les mieux conformés, sont ensuite vendus aux éleveurs pour la reproduction.
Chaque animal a sa fiche. Sur celle-ci, tous les éléments sont indiqués : date de naissance, poids à son trentième jour, des indications sur sa filiation, sa résistance à la tremblante… «Tout est enregistré de telle sorte à ce que l’on puisse donner toutes les garanties aux acheteurs sur les origines et les conditions sanitaires de l’animal», précise-t-il. Un vrai travail d’orfèvre qu’Emmanuel transmet à son fils, Nicolas. La relève est assurée.
F. G.

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