L’EBE : le premier indicateur de la rentabilité de l'exploitation

Retour Partager sur facebook Partager sur tweeter Imprimer l'article
Envoyer l'article par e-mail

Envoyer cet article par mail

Fermer

250 signes(s) restant(s)

 

* champs obligatoires

L’excédent brut d’exploitation (EBE) est un bon indicateur pour le comptable ou le conseiller d’entreprise quand il s’agit d’analyser les résultats de l’exploitation, ou encore pour le banquier quand il faut financer un investissement.

L'excédent brut d'exploitation est la valeur produite au cours d’un cycle de production après déduction des approvisionnements utilisés : engrais, semences, phytosanitaires, aliments…; des services auprès des tiers : assurances, travaux par tiers, honoraires…; des impôts et taxes (non compris l’impôt sur le revenu) et des frais de personnel : salaires, charges sociales…
Son calcul ne prend pas en compte les dotations aux amortissements et les éléments financiers et exceptionnels. Il traduit la capacité du chef d’exploitation à «gagner de l’argent» en faisant son métier.

Comment bien utiliser son EBE
L’EBE représente la capacité financière de l’entreprise. C’est la ressource financière qui permet de rembourser les annuités d’emprunt et les frais financiers. Ce qui reste constitue le revenu disponible qui permet de couvrir les prélèvements privés, l’autofinancement et l’amélioration du fonds de roulement, en quelque sorte, le «renforcement » de la trésorerie de l’exploitation.
Il faut bien avoir à l’esprit que le revenu disponible n’est pas le revenu comptable.
En comptabilité, il existe des «normes», auxquelles les conseillers et les banquiers se référent. Ces normes ne sont qu’un indicateur pour l’exploitant, mais le fait de s’y référer permet de faire face à des situations difficiles au moment d’aléas économiques ou climatiques.

Savoir se situer par rapport à son EBE
La connaissance de l’EBE permet d’établir des références de l’évolution de l’exploitation. Si l’EBE vient à baisser, il faut connaître la cause de cette baisse. Ce peut être un aléa économique ou climatique, des charges trop élevées, de mauvais choix techniques... Les charges d'approvisionnement sont souvent au coeur du problème. Prenons l'exemple d'un exploitant en polyculture lait : sa production est supérieure de 60 euros/ha par rapport à la moyenne régionale, mais son EBE est inférieur de près de 280 euros/ha. La faute en revient aux charges d'approvisionnement et autres achats et services. Pour éliminer ce déséquilibre, cet exploitant doit améliorer sa technicité en utilisant au mieux tous les intrants. En cas de baisse de l'EBE, il importe donc d'être très vigilant.
L'EBE permet d’évaluer le niveau technico économique de l’exploitation. Pour cela, il suffit de le diviser par le nombre d’hectares ou le volume de production et de comparer le résultat à des références. Rien de plus simple pour connaître sa position par rapport aux autres. Peu importe la stratégie d’investissement, il faut savoir se situer et se dire je suis dans le bon peloton. Rien de tel pour se rassurer dans la gestion de son exploitation. C’est pourquoi, les analyses de groupe réalisées par les CER sont un moment privilégié pour l’agriculteur.

Déterminer ses besoins en fonction de son EBE
L’EBE est toujours difficile à estimer, mais il est nécessaire d’évaluer ses besoins, à savoir : les besoins en annuités de prêts existants, les prélèvements privés et les annuités résultant d’un projet d’investissement. Si les ressources sont supérieures aux besoins, il sera bien entendu possible de faire face par rapport à ces objectifs. Par contre, si les besoins sont supérieurs à l’EBE actuel, il faudra rechercher les moyens de réduire ses charges, d’améliorer ses produits. Il faudra peut-être aussi ou différer le projet d’investissement ou encore trouver une source de revenu complémentaire.
N’hésitez pas à prendre contact avec votre conseiller, même de manière ponctuelle, pour qu’il vous éclaire sur la stratégie à adopter sur votre exploitation, pour qu'il fasse des simulations et détermine les limites à ne pas dépasser afin de garder un bon « volant » de trésorerie pour votre exploitation. En tout cas, il est indispensable de savoir retrouver son EBE dans les documents comptables afin de pouvoir déterminer ses marges de manoeuvre.

Ebe

Faire une analyse prudente
Malgré sa fiabilité, l'analyse de l'EBE doit être faite avec prudence. En effet, il peut être parasité par certains éléments. Ainsi, on aura remarqué qu'il est fonction du taux de terres en fermage sur l'exploitation. un exploitant avec beaucoup de fermage risque d'avoir un moins bon EBE qu'avec un agriculteur propriétaire.
Les charges sociales et les salaires doivent être regardés de près. A nombre d'unités de main d'oeuvre égal, les charges sociales ne seront pas les mêmes qu'il s'agisse d'un employeur et d'un salarié ou de deux associés. Pour faire disparaître ce biais, on peut calculer l'EBE par unité de main-d'oeuvre.
Enfin, il est également important de sortir de la vision annuelle de l'EBE et de faire un peu de prospective. En effet, une exploitation peut ne pas être rentable sur une année du fait de mauvaises conjonctures économiques ou climatiques. Les analystes préconisent de réaliser une moyenne sur cinq ans, avec exclusion des deux années extrêmes. On peut alors évaluer l'impact de la conjoncture et travailler à l'amélioration à court terme de la rentabilité de l'entreprise.

Tableau des soldes intermédiaires de gestion

Soldes

 

événements

  • {0} - {1}

Toutes les émissions dans la médiathèque