Les leviers d’action suite à la récolte 2014

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Comment adapter le pilotage des exploitations dans un contexte de baisse de résultats.

Même si la récolte 2014 n’est pas achevée puisqu’il reste encore un certain nombre de cultures non récoltées à ce jour, nous savons que les résultats des exploitations seront en moyenne en forte baisse. Au contexte de marché baissier pour la plupart des productions végétales, s’est ajoutée une mauvaise qualité des productions céréalières provoquant une amplification de la baisse des prix. Il en résulte des difficultés de trésorerie dès maintenant pour la plupart des agriculteurs. Cette situation est d’autant plus difficile que nous venons de connaître quatre récoltes plutôt bonnes en moyenne, ce qui a complètement occulté la dernière mauvaise récolte qui était 2009.
Sans attendre que l’ensemble des recettes de la récolte 2014 soient perçues, il est nécessaire de réfléchir dès maintenant aux leviers d’action qu’il est possible de mettre en œuvre afin de passer au mieux ce cap difficile et tout particulièrement sur le plan de la trésorerie. Pour cela, faisons un tour d’horizon de ces leviers parmi les différentes fonctions de l’exploitation en matière de gestion d’entreprise.

Temporiser les achats d’intrants et consommables
Dans le domaine des achats, la problématique se pose concernant les achats des engrais de fonds et surtout de l’azote. Même si la règle usuelle de bonne gestion est de se couvrir le plus tôt possible pour la prochaine récolte, sans toujours connaître d’ailleurs le prix réel d’achat, il est possible de décaler ces achats de quelques mois sachant que le contexte des prix est plutôt stable. Même raisonnement pour l’achat du fuel à des fins de stockage afin de se couvrir contre une hausse de prix sachant que le contexte est plutôt à la baisse des prix. Le cas échéant, si vous souhaitez vous couvrir le plus tôt possible sur ces achats, il faudra éventuellement envisager d’injecter des placements de trésorerie afin d’y parvenir sans dégrader la trésorerie de façon démesurée.

Un état des lieux financier précis
Dans le domaine financier, il est tout d’abord nécessaire de réaliser un prévisionnel de la récolte en cours afin de mesurer les recettes escomptées, les dépenses engagées pour cette récolte et enfin le reliquat éventuel. Si le solde est négatif, il s’agira d’apprécier les solutions de financement possible de ce manque de trésorerie en fonction de la situation initiale : en cas de bonne situation financière initiale, il est possible de ponctionner le fonds de roulement existant ou d’injecter des placements de trésorerie issus des récoltes précédentes ; en cas de situation financière moins favorable, il s’agira d’étudier avec votre banque la mise en place de crédits à court terme, voire de moduler les échéances de prêts à venir si cela est possible. Dans un second temps, il sera nécessaire de mesurer les besoins financiers de l’exploitation d’ici la prochaine moisson : un prévisionnel de trésorerie peut s’avérer utile.

Appréhender les prélèvements obligatoires
Dans le domaine des prélèvements obligatoires (cotisations sociales de l’exploitant et impôt sur le revenu), des actions sont aussi à prévoir si l’on veut les optimiser en année difficile.
Avant de mettre en œuvre les actions possibles, il est important de connaître sa situation au regard des options fiscales et sociales prises antérieurement à savoir :
- En matière de cotisations sociales de l’exploitant : moyenne triennale ou option n-1 et si moyenne triennale depuis quand ?
- En matière d’impôt sur le revenu, moyenne triennale ou année n et si moyenne triennale depuis quand ?
En effet, en cas de présence d’une option à la moyenne triennale sociale ou fiscale, il s’agira de déterminer l’opportunité de revenir à une option fiscale à l‘année «n» ou sociale à l’année «n-1» de telle sorte à éliminer au maximum les revenus antérieurs qui seront la plupart du temps plus élevés que ceux issus de la récolte 2014. Les renonciations à la moyenne triennale sociale se réalisent avant le 30 novembre de l’année qui précède l’application de l’option n-1. Les renonciations à la moyenne triennale fiscale se réalisent lors de la dernière clôture fiscale concernée par cette moyenne. Enfin, indépendamment des options fiscales et sociales retenues, il sera possible de réduire les appels fractionnés ou prélèvements mensuels de cotisations sociales de l’exploitant et de l’impôt sur le revenu durant l’année civile 2015.

Utiliser l’épargne de précaution
Concernant les déductions pour investissement et pour aléas réalisés au titre des exercices antérieurs, il sera sans doute opportun de les réintégrer de façon anticipée :
- en raison de la baisse de plus de 40% du résultat par rapport à la moyenne des trois exercices précédents pour les déductions pour investissements,
- en raison de la baisse de plus de 10% de la valeur ajoutée par rapport à la moyenne des trois exercices précédents pour les déductions pour aléas.
En cas de réintégration de déduction pour aléas, vous bénéficiez de la trésorerie initialement placée et bloquée jusqu’à présent, ce qui peut s’avérer très utile dans le contexte de la récolte 2014. Dans le domaine des investissements de renouvellement, il sera sans doute utile de modifier les prévisions éventuelles d’équipement en fonction de la situation financière existante et de la teneur des échéances de prêts pour les années à venir.
Ainsi, à travers les différents domaines de la gestion de l’exploitation, nous pouvons apprécier qu’il existe des leviers d’action permettant de passer au mieux la récolte 2014. Avant d’agir, faites le point sur votre situation à l’aide d’un budget prévisionnel de la campagne. Ce qui est sûr, quelles ques soient les actions mises en place, il sera nécessaire de piloter la trésorerie de votre exploitation pour ne pas subir.

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