Possible rupture de stock fourrager : anticiper dès maintenant

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La végétation a près d'un mois de retard et les effectifs de nombreux troupeaux ont augmenté.

«Pour éviter les pertes, veiller à la coupe franche du silo et à l’avancement : 20 cm/j en été».

Suite à un hiver long et un printemps difficile et froid, la végétation a près d’un mois de retard. Pour les zones précoces, les premières floraisons de maïs sont attendues pour fin juillet. Avec l’augmentation des effectifs de nombreux troupeaux, comment réagir face à une situation préoccupante ? C’est tout de suite qu’il faut réfléchir aux différentes alternatives possibles.
Une vache consomme 15 kg de MS de fourrage/jour, ce qui correspond à 450 kg MS, soit 1,5 T d’ensilage de maïs brut par mois. Pour un troupeau de 50 vaches, cela équivaut à 75 T de maïs pour un mois.

Faire le point à l’aide d’un bilan fourrager
Il s’agit d’établir un état des lieux des stocks de matière sèche, puis de le confronter aux besoins du cheptel pour la période de soudure (d’aujourd’hui à la date de récolte du fourrage estimée).

ETAPE 1 : Estimer les stocks de fourrages
Cela consiste à évaluer les stocks disponibles à l’heure actuelle en ensilage, foin, paille, herbe pâturée, ... Pour ceux qui ont récolté ou prévoient de récolter d’autres fourrages prochainement (foin, enrubannage, ensilage de céréales ...), une estimation de cette future récolte doit être intégrée dans le calcul des stocks fourragers.

ETAPE 2 : Evaluer les besoins des animaux
Il convient de connaître les consommations de stocks fourragers sur la période en recensant les besoins des animaux à nourrir.

ETAPE 3 : Comparer l’état des stocks avec les besoins
• Si les stocks sont supérieurs aux besoins : il n’y a pas de problème a priori.
Il faut définir des priorités quant au choix des fourrages : par exemple maïs sur les vaches, foin ou/et paille sur les bovins en croissance (génisses ...) associé à une complémentation plus soutenue.

Quelles solutions  pour faire face au déficit ?
- Gérer les effectifs
La vente d’animaux comme réponse au déficit fourrager peut être une solution. Pour explorer cette piste, faire dès aujourd’hui le point sur son cheptel pour envisager de vendre les animaux à productivité faible. On peut aussi vendre des bêtes à l’engrais. Exemple : taurillons vendus à 18 mois au lieu de 20 mois.
- Raisonner la politique alimentaire
La vache est un ruminant, il faut assurer la fibrosité de la ration.Pour substituer le maïs, on achète des concentrés ou des co-produits. Il faut néanmoins rationner les quantités distribuées pour prévenir les risques d’acidoses (excès d’amidon ou particules fines). Il est important d’agir dès maintenant pour allonger le stock actuel. Cette année, avec des cours de correcteur élevés, il faudra choisir les aliments en faisant un compromis entre prix et valeurs alimentaires.La solution d’ensiler de la céréale immature n’est plus possible aujourd’hui pour certaines régions car le stade de récolte (laiteux pâteux du grain) est dépassé. Sinon, on peut espérer, suivant le potentiel des terres, un rendement de 10 à 12 TMS/ha.Après l’escourgeon, l’implantation d’une dérobée à croissance rapide (choux, radis, navets ou colza fourrager), exploitable 60 jours après le semis, est possible. A faire pâturer au fil au maximum 2 heures par jour ou à utiliser en affouragement en vert.Les maïs sont repartis avec le beau temps, mais on peut s’interroger sur leur rendement et leur qualité. D’autant qu’il faudra s’adapter et tenir compte du droit à produire futur (quota + attributions). Pour 1 000 litres de lait à produire en plus, il faudra 1 TMS de fourrage en plus pour nourrir les vaches et leurs suites.Dès aujourd’hui, un déficit sur le bilan fourrager à venir (du 01.11.2013 au 31.10.2014) peut arriver si on a utilisé des fourrages destinés à l’hiver et si les rendements en maïs sont moindres. Il sera donc important de refaire un point sur les stocks et les besoins des animaux lors de la récolte de maïs.  Pour ceux qui ont la possibilité d’implanter une interculture derrière la moisson, nous suggérons de mettre une dérobée consommable par les animaux (avoine/vesce après escourgeon et, RG, trèfles, etc. après toutes céréales). 

Tabaleau1

Tableau2

DÉFICIT FOURRAGER : 6 PISTES A EXPLORER

1. Rechercher et contractualiser l’achat de paille ou prévoir des échanges
2. Acheter des sous-produits, à quel prix ?
3. Ensiler des céréales immatures au stade laiteux pâteux, si pas trop tard
4. Rechercher et contractualiser l’achat de maïs sur pied, mais à quel prix ?
5. Implanter des couverts végétaux après moisson
6. Sortir les vaches de réforme et les mâles à l’engrais plus rapidement de l’exploitation

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